VOUS AVEZ OUBLIÉ VOS IDENTIFIANTS ?

JEAN-LUC GUIN'AMANT

Intime conviction et quasi évidence : la peinture se voit, se vit. Alors, parler de ce qui se voit, parler de peinture est un curieux exercice. Un chemin impossible. A priori.

Au-delà du figuratif et de l'abstrait, il existe deux types d'œuvres : celle qui vous parle et celle qui vous inspire. Qui vous aspire. La peinture de Guin'Amant se situe catégoriquement dans la deuxième disposition. Elle invite à la participation, à l'implication, à la projection. À rentrer dedans, comme à travers le miroir. À s'y perdre, à s'y retrouver. J'aime à faire réagir les gens devant ces toiles vives, animées, musclées pourrait-on dire, et pourtant faites de douceur, d'invitation à la rêverie, à l'imaginaire. J'aime ces allers retours entre la toile et le spectateur, la façon dont chacun s'en saisit, s'en mouille, s'en imprègne. Loin de tout discours intentionnel ou d'une quelconque allégorie de l'existence. Juste vibrer, se laisser faire et emporter.

Il y a pourtant dans ces œuvres quelque chose à la fois de cohérent et de contradictoire, entre l'invitation au voyage et l'incitation au repos. Entre la violence des gestes et la douceur des formes. Entre l'amour et la mort. Le travail, le talent de Guin'Amant s'appuie sur cette légèreté et cette profondeur. Et nous y entraîne.

Sylvain P. Paris

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